Elie Marie
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posté le 2009-07-04 à 20:06:41
Il y avait des souvenirs, il fallait écarter les pierres
Il y avait l'étendue, il fallait pousser les murs
Pour rentrer dans la lumière.
Il y avait du vent, il fallait lâcher les terres
Il y avait des querelles, il fallait déserter les airs
Pour trouver les voiliers en mer.
Il y avait des braises, il fallait retirer le feu
Il y avait l'échelle, il fallait descendre les yeux
Pour cueillir le ciel dans la falaise.
Il y avait toi et moi, tournant de l'île
Sur une planche de soleil à la dérive
Passant les eaux du rêve dans le sommeil.
Elie-Marie
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bobbypaul
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posté le 2009-07-05 à 19:16:13
ADIEU
L'ADIEU
pour de bon fait le plongeon dans le néant
il part pour le grand vide
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PLOUCH!!!
mais dans l'éther
il n'y a pas que le grand vide
laissé par les amours mortes
ou qu'un océan de larmes
enfanté par les yeux défunts
ô ! âme vagabonde
âme à jamais délaissée
ici il y a le chaud sol lunaire
Michael Jackson là le soir
au milieu de la lumière blonde
tourne virvolte et danse
le merveilleux moonwalk
Mes X 2009
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bobbypaul
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posté le 2009-07-30 à 19:22:32
P...
il vit dans un monde
d'encre de Chine
et de pages blanches
des caprices des mots
il fait de simples bouquets
que sans aucune prétention
il éternise aux yeux des arbres
au coeur du vent
et aux entrailles de l'eau
il ajoute du sel
dans l'air du temps présent
que respirent les cormorans
rêvant dans les bras nus de l'étang
des poissons cerfs-volants
qui grattent le bas-ventre du ciel
il emprunte pour toujours
l'audacité de l'évasion
pourtant
la plume en main
l'encrier dans l'âme
il demeure à la marge de la page
prisonnier de l'insensibilité
Mes X 2009
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bobbypaul
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posté le 2009-07-30 à 19:24:44
L'AUTRE COTÉ DES MOTS OU DES MAUX
au large des côtes du ciel indolent
au bord de l'océan de larmes bleues
se promène, en moi, la dame de l'ombre
je suis fait de sa lumière
son ombre prouve ma présence
sa mélancolie traduit mes rires
quand à la belle étoile je me couche
dans mes fantasmes originaires
j'ai vu passer dans ses yeux sans feu
la cohorte nostalgique des épures du dernier rêve
alors, au large des côtes du ciel
au tréfonds de l'océan de larmes complices
je pars noyer pour toujours durant de la nuit brêve
la vive douleur des mots en marche ascensionnelle
Mes X 2009
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Elie Marie
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posté le 2009-08-02 à 19:58:22
L'eau brûlée
Venir.
Je suis venue au monde, telle la rosée épousant le pré entier. Octobre courait aux feuilles. J'entrais déjà, par la dernière fleur, dans la force pourpre de l’automne… de l'enfant qui demande, à la lueur qui tremble.
Au-dessus du berceau. Autour de la lampe.
Combien ont cherché dans mes veines, le sang qui coulerait de l’espoir… les autres étant partis, serrés dans les blés ; semant et ressemant, plus haut dans le souffle, aux bras du moulin qui tournaient, jusqu’à perdre le vent.
Venir
Je suis venue à l’arbre. En pleine forêt. Vingt ans après les aînées. La robe faite de l’âge.
Naissant.
Naissant dans les branches, jusqu’aux printemps, que les enfants mettent au monde, et rendent aux étoiles.
L’orage ciblait le ciel. Je mourus d’avance.
Venir.
Longtemps
Je suis venue,
Haute dans l’herbe, pareille au jonc qui remplit la mare.
Je suis venue
Comme le vent scie le sable, sur le champ des eaux, l’azur terré de lune. Je descendais du front, les balles.
Et les pas désordonnés des marchands de bulles, ont vu se séparer les rues.
Je suis venue.
Les chuchotements, les dalles, se sont tus. Il y avait du vent, le sable, des bulles, dans une balle, aux couleurs qui rattrapaient le mur.
"L'anneau des lampes"
Elie-Marie
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Elie Marie
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posté le 2009-08-02 à 20:01:49
Le dernier village
Les eaux en cascade. Les puits en forêts.
Une seule feuille entre mes doigts. Un village. Quelques lampes glissant dans mon histoire. Gabre.
Sous un duo de soleil et d'ombre, le Temple près de l'Eglise.
Les voies se touchent. Entre deux toits qui obstruent le firmament, le ciel se devine… Il faut y croire !
Le banc se perd et le vent remplit sa toile.
Je sors de la Mairie... Verre réfléchi !
Les façades renvoient les roses. Tout repose dans l'édifice ouvragé des aînés. Ne change rien à ce qui a été fait, se retrouve seulement ravalé.
Quelques pierres se déchaussent des murs. Un lierre rampe dans la fissure, délivrant ses parfums de verdure…
L'espoir me trace un chemin. Je suis mon étoile, grimpe au fond de l'univers. Une maison m'ouvre son cœur… Je viens aux Ecritures !
Je dis sans être. Les pages défilent sans en retenir une… Je passe !
Un regain d'herbe coupée pénètre la mélancolie qui brûle.
Je suis près de la cheminée, à remuer la cendre… Nie mes racines au pied de l'arbre !
Un bain de chaux taloche les murs d'échos.
La lenteur grave s'habitue à la lampe ; sue une présence au moindre fil de cristal qui passe sur la branche… Je n'y crois pas !
Le silence qui suit, accentue une note tendue aux quatre coins de la nappe écrue, pour un moment de lune.
Je bois un thé.
Une ruche se met aussitôt en route, pour quelqu'un qui ne viendra pas dans le cœur d'attendre aux brisants des fenêtres… J'ai tout le seuil pour entrer !
Une pluie d'astres berce les oiseaux blottis dans le buis, pour faire un bois de rêve… Il m'attendait !
Une main me sert tout ce que j'espère. Je marche à l'intérieur des terres… Je ne sais plus !
J'écoute assise, plus près du feu.
Tout ce qui suit, sera de mots écrits sur le cadastre qui déplie l'échelle des naissances... Je recule !
Naître dans cet endroit, c'est pour y rester, y mourir, y revenir après.
Je tombe les clés sous les coups frappés au carreau.
Mes doigts s'éclairent de venir aux lignes de vie. Tout part dans les branches… Je nais !
Le soleil fait une fontaine. Une larme se répand dans toute la vallée.
Je parcours le livre "Gentilshommes verriers" sans plus savoir qui je suis… C'est ma famille !
Les sources mûres des quatre saisons et des quatre lunes fleurissent les ruisseaux.
Je ramasse dans la fougère, dans le grès, dans la lumière - soufflés de verre, d'armoiries… De gueules à trois grenades, coupé d'azur à un croissant d'argent… Les vitres brillent sous l'anneau !
Je suis faite de pierres, de lampe.
Le village n'a pas fini ses siècles.
C'est la fête des verriers… "La Réveillée"
.......
Bientôt, les champs de colza ouvriront leurs vannes de fleurs
Enflammeront les prés à côté des blés,
Précipitant le large, laissant leur débit brûler,
Les voyages me donnant assez de couleur
Pour comprendre le rouge et le noir,
De toucher à leurs boutons d'or
Mes yeux ont appris dans les pages.
J'atteins mon histoire.
"L'anneau des lampes"
Elie-Marie
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bobbypaul
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posté le 2009-08-14 à 22:17:08
NOS JOIES DÉFUNTES
je sais qu'en ton cœur
je suis bel et bien mort
en toi six pieds sous terre
est le cadavre de ma présence
la couverture des senteurs
de l'indifférence et de l'indolence
réchauffe le squelette de mes envies de toi
de cette ultime évasion de la tendresse mystifiée
ont pris naissance les derniers vers de mes maux
autour des tombes poussent drues les herbes
mais au cœur du bonheur meurent les rires des roses
que le temps dépose au seuil des joies défuntes
MES X 2009
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bobbypaul
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posté le 2009-10-13 à 17:56:35
QUAND J'ÉTAIS POÈTE
quand j'étais poète
tout était si beau
les couleurs avaient plus d'attraits
les senteurs s'émanaient souriantes
les muses distribuaient aux trouvères
des tableaux blancs et de la craie noire
pour annoncer la naissance du merveilleux
aux rêves indéfinis des mots
quand j'étais poète
le café matinal remplissait l'air
d'un arôme beaucoup plus particulier
les femmes aux sourires laiteux
avaient toutes le soleil plein les yeux
les enfants joyeux volcanisaient
dans les allées endormies des heures
en chantant au clair-de-la-lune
et les hommes pour tuer le temps
avec enthousiasme jouaient au domino
un verre rempli d'étoiles à côté de chacun d'eux
quand j'étais poète
personne n'avait jamais eu au coin des yeux
la flagrante tristesse de la solitude d'une larme
ou la vague indolence d'une guitare sans corde
Mes X 2009
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Elie Marie
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posté le 2009-10-25 à 13:59:57
Laissons dans les lys, la morsure du soleil,
vol du condor qui sort de l'écume apnée de ressorts.
Laissons dans la scie, les heures musiciennes qui dénudèrent lunes et ors,
tournent toute terre qui se perd aux hélices de la mer.
Laissons à la forge, braise qui rougeoie le fer et ronge le créneau,
dans le feu qui tremble de l'air et de l'eau.
Laissons orge moudre, mousse qui boit menthe,
passe dans les filtres son corps.
Laissons l'indicible, qui bruit dans l'airain et se noie dans l'étain,
ton qui vibre et qui peint, ardoise de spleens.
Elie-Marie
à vous deux
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