ET QUE J'AIME

mercredi 9 avril 2008/Hélène Sanguinetti

 

 

Et que j’aime

 

Vésuve ne cesse pas de chuchoter avec le
ciel. Du vent venu de là et du silence qui
râpe, une invasion de fourmis lentes, les
Infatigables. Qu’en vois-tu depuis ta petite
Fenêtre que je ne connais pas ?
Que reste-t-il de moi dans tes poumons
quand tu plonges, suis-je air ou vide brûlant,
déjà éponge et corail, déjà douceur et
douleur, et toujours le bienvenu retour au ciel,
là, retour enfin aux yeux, aux miens ?
Les petits pains dorés fabriqués par tes
doigts, déposés par tes doigts,
sont sur la coupe, je mords, l’oranger, tes
doigts. Collés à mon nord et mon sud, plus loin
que les boucles parfumées. Plus
qu’envahie. Ennoiement.

 

Hélène Sanguinetti, D’ici, de ce berceau, Flammarion, 2003, p. 66

 

 

V

 

Brillante nuit dans la maison,
astiquée nuit mieux qu’avec
chiffon de laine.

 

Elle est nue
bouclée, qu’on ne voit pas,
qu’on sent derrière le bois
des volets, l’hiver,
quand c’est l’hiver,
escargot prend ses cornes
et rentre,
écoute,
la nuit,
aspirée par le bout
des cornes,
tirée avec ses étoiles

 

Il a gardé du jour dedans,
replié jour dans son ventre,
mélangé la nuit avec des cornes
ah !gourmandes étoiles !
Coureuses !

 

Hélène Sanguinetti, Alparegho, Pareil-à-rien, Comp’act, 2005, p. 50

 

 

Contribution de Sylvie Durbec

 

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Article ajouté le 2008-04-17 , consulté 47 fois

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